Alphabétiser pour accélérer le développement d’Antananarivo
Date Lundi, 31 Décembre 2007
Bien que l’on observe une
progression du taux
d’alphabétisation à Madagascar,
nous comptons encore 3 millions
d’adultes analphabètes sur 18
millions de malgaches (1).
L’analphabétisme qui touche
notre pays représente un
véritable frein à
l’épanouissement individuel et à
l’insertion sociale des
populations touchées mais
également au développement
économique, social et culturel
de l’ensemble de la société.
Afin de soigner le mal à la
racine, il semble aujourd’hui
primordial de promouvoir
l’éducation de base et de
prendre les mesures adéquates
qui encourageront les familles à
scolariser les plus petits et à
les maintenir dans le système
éducatif jusqu’à la fin de leurs
études. Se préoccuper de
l’avenir de notre pays revient à
se préoccuper de l’avenir des
générations futures. Il convient
d’offrir l’éducation scolaire à
nos enfants, à tous nos enfants,
quelles que soient leurs
origines sociales. Rendre aux
enfants l’envie de lire afin de
faciliter l’exploration de soi
pour se développer
personnellement et l’exploration
du monde qui nous entoure pour
trouver plus tard, en tant
qu’adulte, la motivation d’y
prendre une place et d’y jouer
un rôle. Apprendre aux enfants à
écrire pour leur offrir la
possibilité de s’exprimer,
d’échanger dès l’enfance est
d’être mieux armés pour prendre
leurs responsabilités dans la
vie sociale. Eduquer tout
simplement pour offrir les bases
fondamentales au progrès de
l’individu et au développement
durable de notre société.
Notons toutefois que
pour atteindre un tel objectif, il ne suffit pas d’imposer des mesures
qui obligeraient les enfants à être scolarisés : cela s’avèrerait
contreproductif. Il faudra donc passer par une responsabilisation et par
l’éducation des adultes : les familles participeront et contribueront au
processus d’alphabétisation. En effet, la transmission de la culture
passe naturellement par les proches, à savoir le plus souvent les
parents. Si, aujourd’hui, 70% des enfants abandonnent l’école en cours
de route (2) c’est parce que les adultes et les familles peuvent
difficilement leur transmettre des valeurs et des expériences qu’ils
n’ont pas acquises. Par voie de conséquence, mener des actions
parallèles pour l’éducation des adultes multipliera les probabilités de
succès des mesures prises pour l’alphabétisation des enfants.
Il existe déjà
plusieurs projets globaux, associatifs, gouvernementaux ou non
gouvernementaux, en place et ayant porté des fruits dans le domaine de
l’alphabétisation et de la diffusion de la culture.
Une de nos
priorités est de soutenir les porteurs de projet afin de garantir la
continuité de leurs actions et de coordonner les actions menées pour
permettre leur développement et leur application aux franges de
population qui n’en bénéficient pas encore. Nous travaillerons également
sur des projets visant à réduire le phénomène de désertion des écoles en
offrant aux enfants, sous la responsabilité de leurs parents, les appuis
nécessaires pour qu’ils réussissent à leurs examens, du primaire au
baccalauréat, et qu’ils trouvent la motivation nécessaire à aller
jusqu’au bout de leur parcours. Les adultes ne seront pas en reste : des
formations pour adultes existent déjà, elles devront être renforcées et
enrichies par de nouvelles formations adaptées à nos besoins actuels.
Notre prochaine étape :
une analyse des actions déjà menées et des réels besoins d’Antananarivo
et de la population sera effectuée afin de permettre une définition plus
précise d’objectifs réalistes et pertinents, et de méthodes de travail
efficaces qui devront être utilisées pour les atteindre.
Le Bureau.
